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Un certain jeudi noir met un terme à l’optimisme ambiant.


L’effondrement de la bourse, les faillites en cascade de banques sous-capitalisées, de petite taille et trop nombreuses, l’écart entre l’offre et la demande solvable, la paralysie du crédit précipitent une chute vertigineuse de l’économie Américaine . Les politiques libérales du laisser-faire-laisser-passer s’avèrent inefficaces.  Pour le vieux libéralisme, la baisse des salaires aurait du permettre un réamorçage de la croissance. Il n’en est rien, dans des sociétés encore ignorantes du rôle moteur de la consommation solvable, seule capable de relancer l’économie, la chute des salaires et le chômage retentissent  sur les débouchés ; la production industrielle va à l’abîme, l’investissement s’arrête. Et  surtout les fragilités d’une industrie en mutation, la faiblesse des prix agricoles antérieure à la crise, l’absence de régulateur financier incarné par une banque centrale efficace , un état fédéral réduit à ses fonctions régaliennes contribuent à aggraver la dépression.

La mise en place du New deal avec ses programmes de soutien à la demande permettront de tirer les USA de l’ornière. Mais ce sont les gigantesques dépenses de guerre qui offre à l’économie américaine la possibilité de sortir des parages d’une croissance molle et d’un chômage persistant.

La mise en place d’un capitalisme viable et d’une croissance régulée prennent la forme de la création de la FED, d’une législation bancaire contraignante, d’un impôt sur le revenu substantiel, de l’institutionnalisation des syndicats, de l’organisation des marchés agricoles. Ces réformes profondes permettent au sortir de la guerre de faire entrer les États Unis dans une économie de production de masse adossée à une solide consommation stimulant l’investissement. Le cycle heureux de la croissance va durer des années 40 au milieu des années 60.

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Cette émergence a été heurtée. Entre la fin du XIX s. où l’industrialisation est encore dominante et les années 50 où la consommation de masse joue le rôle de moteur de la croissance, le capitalisme américain aura dû connaître les affres d’une dépression pour introduire les correctifs indispensables à sa pérennité. Authentique pays pionnier passé maître en expériences nouvelles, les USA auront ainsi parcouru un long trajet avant de devenir une Affluent Society. Les années Eisenhower, avec leur conservatisme bonhomme et leur anticommunisme ancré sont  l’illustration éclatante d’une Amérique prospère, provinciale et conservatrice, nourrissant une immense fierté. N’est-elle pas toute puissance financièrement, industriellement, monétairement et politiquement ?

Ces années heureuses se terminent pourtant dès la fin des années 50. La  double récession de la fin de la décennie 50 indique que l’économie américaine connaît  des difficultés profondes. Comme au moment de la crise du millenium, le signal est  ignoré. C’est durant les années 60 que des signes indubitables de difficultés économiques se font montre.  Au milieu des années 60, les marchés de consommation sont saturés, les Américains sont repus. La « Nouvelle Société » de Johnson tentera d’élargir les bases de la consommation américaine en élargissant son assiette aux minorités, aux pauvres blancs des villes et des campagnes. Ces derniers feux du New Deal (aux effets contrariés par la guerre du Vietnam) ne peuvent remédier à un problème plus inquiétant. La productivité recule et avec elle les perspectives d’une croissance dynamique. Ce recul est particulièrement visible dans la relation entre la valeur des actifs productifs (biens d’équipement et système informatique) et la valeur crée dans le secteur privé. La dégradation de ce ratio indique un problème d’efficacité productive. Cette dégradation de l’efficacité productive de l’économie américaine s’exprime encore dans la lente érosion du solde de la balance commerciale du pays.



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