•  
  •  
  •  
  •  

Au moment où les concours et les examens s’achèvent, une autre épreuve attend les étudiants et futurs étudiants : la recherche d’un logement. Pour les parents qui souhaiteraient acheter afin de loger leurs enfants, il est déjà presque trop tard, puisqu’il faut, en règle générale, compter trois mois entre la signature d’un compromis de vente et la remise des clés.

La plupart des étudiants s’orientent d’ailleurs vers la location.

En dépit d’une légère accalmie des loyers cette année et d’une offre un peu plus abondante, la recherche d’une chambre ou d’un studio reste encore dans de nombreuses villes, un véritable casse-tête. Un rapport parlementaire remis en janvier au premier ministre par Jean-Paul Anciaux, député UMP de Saône-et-Loire, dénonce la pénurie de logements destinés aux étudiants. Le rapport préconise la construction de 50 000 logements neufs en 10 ans et la réhabilitation de 70 000 chambres gérées par les Crous (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires). La France compte en effet plus de 2 millions d’étudiants mais ne dispose que de 150 000 places dans les cités universitaires. Résultat, les Crous qui attribuent ces logements répondent à moins de 40% des demandes. A Paris, un étudiant a moins d’une chance sur dix de décrocher une chambre en résidence universitaire. A Lyon, Toulouse, Nantes, Nice, Poitiers et Bordeaux les Crous ne parviennent pas à satisfaire le tiers des étudiants.

La majorité des étudiants n’a donc d’autre choix que de se tourner vers le marché locatif privé.

Or, sur ce marché la pénurie fait également rage dans la plupart des grandes métropoles avec une palme pour Paris et Lyon. Et du coup, les prix atteignent de véritables sommets. L’an dernier, selon la Fnaim (Fédération nationale des agents immobiliers) les loyers ont grimpé de près de 12% à Paris, de 20% dans l’Académie de Versailles, de 14,5% dans celle de Caen, et 16,4% en banlieue sud de Paris, près d’Orsay et de Palaiseau.

Notre recommandation pour investir dans l'or et l'argent - Goldbroker.com

En dépit d’un léger infléchissement depuis le début de l’année, les prix sont loin d’être à la portée de toutes les bourses. Ainsi, à Paris, les prix débutent à 15 euros du m2 dans les quartiers du nord et de l’est de la capitale pour culminer à plus de 25 euros du m2 (hors charges) dans les secteurs les plus prisés, selon le dernier «Guide Foncia des Prix». Pour un studio d’une trentaine de mètres carrés, le budget mensuel oscille ainsi entre 450 euros et plus de 750 euros, hors charges ! En première couronne parisienne, dans les communes de Boulogne, Levallois-Perret, Issy-les-Moulineaux ou Saint-Mandé, les prix sont pratiquement identiques à ceux de Paris : il faut compter entre 14 et 21 euros du m2 hors charges pour un studio, soit entre 420 et 630 euros par mois pour 30 m2. Dans les communes d’Ivry-sur-Seine, de Courbevoie et de Montrouge, il existe quelques rares opportunités à partir de 12 euros du m2.

Dans certaines villes de province parmi les plus recherchées, les prix s’approchent également de ceux pratiqués à Paris. Ainsi, dans le centre d’Aix-en-Provence par exemple, les prix grimpent jusqu’à 21,3 euros du m2, soit près de 640 euros pour 30 m2. A Annecy, Avignon, Nantes, Grenoble ou Bordeaux, il faut compter entre 400 et 500 euros pour un studio de bonne taille. Les étudiants qui choisissent Clermont-Ferrand ou Lille, sont un peu mieux lotis avec des loyers compris entre 7 et 12,5 euros du m2, soit entre 210 et 375 euros par mois. Pour payer moins cher, il faut prendre plus petit ou s’éloigner du centre des grandes agglomérations, et donc des pôles universitaires.

Il reste néanmoins des solutions… à condition de s’y prendre suffisamment tôt.

Le mois de juillet est particulièrement propice. En effet, «bon nombre d’étudiants libèrent leur logement à cette période tandis que les nouveaux venus attendent la rentrée pour louer afin d’éviter de payer les mois d’été», explique un agent immobilier parisien. Pendant cette période il est donc possible de dénicher la perle rare, comme ce couple d’étudiants nantais venu s’installer à Paris pour la rentrée prochaine et qui vient de dénicher un petit deux-pièces dans le cinquième arrondissement de Paris pour moins de 600 euros. Les deux locataires bénéficient par ailleurs de l’APL (voir encadré) ce qui leur permettra de réduire la facture d’environ 150 euros chaque mois.

Pour mettre toutes les chances de son côté, il ne faut rien négliger : petites annonces, bouche-à-oreille, relations, prospection des agences immobilières et tournées des gardiens d’immeubles autour de la fac sont autant de pistes à mener de front, afin de décrocher un toit et si possible au meilleur prix. Côté garanties, les exigences restent toujours aussi draconiennes. Les propriétaires exigent un revenu net mensuel équivalant à trois voire quatre mois de loyer. Pour les étudiants il faut donc, dans presque la totalité des cas, fournir une caution parentale.

Pour réduire la facture du logement.

les étudiants sont de plus en plus nombreux à faire le choix de partager leur logement. Cette formule, importée des pays anglo-saxons, entre aujourd’hui de plus en plus dans les mœurs, notamment à Paris, où le problème du logement est particulièrement épineux.

«Le mieux, recommande un habitué de la collocation, est de rechercher tout d’abord ses colocataires puis de se mettre en quête du logement.» L’une des principales difficultés de la formule est la réticence de bon nombre de propriétaires. Outre la crainte des impayés qui pourraient suivre le départ inopiné d’un des locataires, ils redoutent le bruit et les dégradations du bien. Pour se prémunir contre les impayés, les propriétaires exigent donc presque toujours une clause de solidarité entre les cosignataires du bail et entre les personnes qui se portent cautions. Ce qui signifie qu’en cas de défaut de l’un, les autres sont tenus de payer. Avant d’accepter, les parents ont donc tout intérêt à se renseigner sur les futurs colocataires !

  •  
  •