La croissance américaine constituait un modèle parfaitement aberrant dès la fin des années 80. Elle sacrifiait les bases de la puissance économique du pays aux apparences de richesse. Dans un modèle de croissance comme celui-là, la finance est l’instrument du délabrement de l’économie réelle et des infrastructures du pays.

Les rivalités patrimoniales profitent aux riches et plombent les entreprises qui ont eu le malheur de financiariser une part grandissante de leurs actifs. La compétitivité se dégrade. Mais ça n’est pas grave. Plus les ménages euphorisés par la valorisation de leurs biens immobiliers consomment, plus le déficit commercial se creuse en raison de l’effondrement de l’industrie. Mais  plus le déficit de la balance commerciale se creuse, plus les capitaux entrent aux USA et fournissent l’épargne manquante pour l’investissement autant que le cash nécessaire pour soutenir un édifice financier dont la valeur croissante est à financer par de la création monétaire systémique. Le résultat de cette situation ubuesque est la montée d’un endettement généralisé. Les ménages s’endettent pour soutenir leur niveau de consommation et financer leurs biens immobiliers. Les entreprises s’endettent pour accumuler des actifs financiers et des actifs productifs. Les administrations publiques s’endettent faute de lever des impôts suffisants pour soutenir leur train de vie.

Mais de l’autre côté, le système productif – et plus largement les infrastructures du pays – se détériorent.  Et c’est au milieu des années  90 que le choix d’une économie de service financiarisé se retourne contre les USA.  Les emplois de services – moins productifs et rémunérateurs que les emplois industriels – ne créent pas assez de valeur, la base productive n’absorbe plus la population en âge de travailler, le poids grandissant des bâtiments marginalisent lentement les outils de production (biens d’équipement et système informatique) au risque de faire baisser la productivité réelle du travail. Le capitalisme américain entre ainsi en crise au niveau de sa production de valeur bien avant que ne survienne la crise financière. Les signes réguliers d’un basculement dans la crise sont présents dès le milieu des années 90.

La crise du millenium est le dernier coup de Klaxon, l’ultime signal avant la dépression. Ce signe n’est pas entendu ; loin de prendre conscience que deux cycles de croissance exceptionnellement longs réclament une remise à plat de choix remontant à plus de 20 ans, l’administration Bush Jr décide de passer outre. Sur le fond des attentats du World Trade Center et de la guerre en Afghanistan et en Irak – l’administration arrivée au pouvoir en 2001 fait passer à l’économie une crise essentiellement boursière en poussant les feux de l’immobilier. C’est le chant du cygne du compromis national-patrimonial.  Plus de ménages deviennent propriétaires, le volume des transactions immobilières  et l’endettement qui l’accompagne se dissocient des revenus salariaux sur fond d’allongement des crédits et de baisse des taux d’intérêt. La crise du millenium est ainsi surmontée : la consommation des ménages reste soutenue en dépit d’une remontée assez lente de la valeur des patrimoines financi

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