Le Vreneli (en allemand et en français), Marengo (en italien) est le nom populaire d’une gamme de pièces de monnaie de la Confédération suisse en or. La dénomination officielle de ces pièces est « Tête d’Helvetia », « Helvetiakopf » (en allemand) ou « Helvetia head » (en anglais). Ces pièces ont été émises entre 1897 et 1936, ainsi qu’en 1947 et en 1949.

Origine du nom

Le nom de la pièce dérive de « Verena » une personnification féminine de la Confédération helvétique (semblable à la « Marianne » française ou à la « Dame Liberté » américaine), dont l’effigie, tirée probablement d’un portrait de Françoise Kramer, née Egli (Neuchâtel 1859-1946)2 , orne l’avers de la pièce. La pièce est également connue comme Helvetia en raison de l’inscription au-dessus du portrait.

Aspect

Les Vreneli ont des valeurs faciales de 10, 20 ou 100 francs suisses. Le titre (en d’or pur) s’élève à 900 pour milles. Les pièces de 20 francs ont un diamètre de 21 millimètres pour un poids de 6,45 grammes (poids brut) et sont à 90% pures. Elles contiennent 5,801 grammes d’or pur3.

En principe, le terme « Vreneli » est réservé à la pièce de 20 francs. La pièce de 10 francs est dénommée « Demi-Vreneli ».

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Avers: L’avers porte un buste sénestré d’Helvetia diadémée devant un paysage montagneux. Sous le portrait apparaît la signature « F. LANDRY ». Toutes les pièces émises entre 1897 et 1949 ont été conçues par le graveur Fritz Ulysse Landry de Neuchâtel.
Revers: Le revers de la pièce de monnaie de 20 francs porte les armoiries suisses (de gueules à la croix alésée d’argent) sur une branche de chêne avec la valeur faciale de part et d’autre de l’écu. Ces pièces de monnaie ont été frappées dans l’atelier de fabrication des monnaies à Berne (mais la gravure de la matrice ait été réalisée à la Monnaie de Paris). Les pièces sont identifiées par un poinçon « B » (sans point). Le listel porte les grènetis. Le grènetis désigne plus particulièrement le rang de petits grains en relief situé au bord des monnaies. La tranche de la pièce de monnaie est imprimée étoilée en relief.

Vreneli – (Vrenelli)

1897 400.000 1905 100.000 1913 700.000 1930 3.372.000
1898 400.000 1906 100.000 1914 700.000 1935 20.009.000
1899 300.000 1907 150.000 1915 750.000 1947 9.200.000
1900 400.000 1908 355.000 1916 300.000 1949 10.000.000
1901 500.000 1909 400.000 1922 2.784.000
1902 600.000 1910 375.000 1925 400.000
1903 200.000 1911 350.000 1926 50.000
1904 100.000 1912 450.000 1927 5.015.000

Émissions

Plus de 61 millions de pièces ont été frappées. La pièce de 20 francs est la plus commune (58 634 296) et elle est populaire comme pièce de monnaie de lingot. Les pièces de 10 francs ont été frappées à 2 650 056 exemplaires. Les plus rares sont les pièces de 100 francs, dont seuls 5 000 exemplaires ont été produits, et seulement en 1925. Leur rareté en fait des objets recherchés par les numismates..

Les différents ateliers monétaires
B Berne
B. (avec un point) Bruxelles
BB (accolés) Strasbourg
AB Strasbourg
A Paris
L lingot ou refrappe

La pièce de 10 francs

Les pièces de 10 francs ont été frappées seulement entre 1911 (100 000) et 1916 (130 000), ainsi qu’en 1922 (1 020 000). Bien que l’avers soit le même pour les pièces de 10, 20 et 100 francs, le revers des pièces de 10 et 100 est le même et montre la croix suisse rayonnante au-dessus d’une branche de rhododendrons et de gentianes. Plus de 2,65 millions de pièces au total furent mises en circulation et ne sont toujours pas démonétisées.

La pièce de 20 francs

Les pièces de 20 francs ont été produites plus de 58,6 millions d’exemplaires. C’est de loin la série la plus importante et la plus populaire. Parmi les pièces de 20 francs, la pièce émise en 1926 a été limitée à 50 000 exemplaires seulement (contre plusieurs centaines de milliers les années précédentes). Jusqu’alors très régulières, les frappes se sont espacées. Après 1926, il y eut les frappes 1927, 1930, 1935, puis les séries de 1947 et 1949.

Aucune émission de Vreneli n’a été faite après 1949.

La pièce de 100 francs

La pièce de 100 francs a été frappée uniquement en 1925 dans la quantité très limitée de 5 000 exemplaires. Sa rareté la rend très recherchée par les numismates. Sur le marché de la collection, sa valeur (pour une pièce impeccable) s’élève à 10 000 francs en 20085.
Les refrappées de 1935

Durant l’année 1935, 175 000 frappes régulières des pièces de 20 francs ont été produites. Cependant, vingt millions de pièces additionnelles (20 008 813) portant le millésime « L1935B », avec le « L » indiquant « lingot », et le « B » indiquant l’atelier de monnayage de Berne, ont été refrappées en 1945 (3 500 000), 1946 (7 108 813) et 1947 (9 400 000). Des 9 200 000 pièces additionnelles contemporaines frappées et datées 1947 ont été également produites et sont distinguées par la marque « B » de monnayage. Il n’y a eu aucune frappe régulière dans les années 1945 et 1946.

Contexte historique

Constituée en Confédération helvétique en 1848, la Suisse adopta le franc suisse, aligné sur le franc français en 1850, et adhéra à l’Union latine en décembre 1865. Ce type est frappé suite à la loi du 6 janvier 1896. Entre 1896 et 1926, le Vreneli est fabriqué dans le cadre de l’Union latine, puis, hors Union, jusqu’en 1935. Enfin des pièces furent encore frappées en 1947 et 1949 à titre boursier.

L’Union latine

La dénomination de 20 francs avec les caractéristiques mentionnées ci-dessus a été établie la première fois par Napoléon Ier pour la France en 1803. Ces spécifications sont restées en usage jusqu’à la Première Guerre mondiale dans l’Union latine.

La Suisse a frappé des pièces de 20 francs, l’Italie des pièces de 20 lires, la Belgique des pièces de 20 francs belges, et la Grèce des pièces de 20 drachmes. Toutes ces pièces ont circulé librement et ont été acceptées dans l’ensemble de l’Europe. Cependant, les empires britannique et allemand ont refusé de suivre cette direction6.
Une émission antérieure

Antérieurement à l’Union latine, une pièce d’or suisse avait déjà été émise avec le Tête d’Helvetia diadémée à gauche avec LIBERTAS en creux sur le diadème et le légende « CONFOEDERATIO – HELVETICA ». Sur le revers, elle porte un écu surmonté d’une étoile dans une couronne composite. Ces pièces furent frappées, conformément à la loi du 22 décembre 1870, entre 1883 et 1896. Elles ne sont pas démonétisées.