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Les définitions que nous avons données des monuments numismatiques établissent que ceux-ci sont frappés ou coulés en divers métaux. Il convient donc de dire un mot de ceux qui entrent en ligne de compte.
Trois d’entre eux sont dits métaux nobles à cause de leur éclat, de leur inaltérabilité à l’eau et à l’air, et de leur rareté relative. Ce sont l’or, l’argent et le platine.

Métaux précieux utilisés en numismatique.

  • L’or se trouve à l’état natif sous forme de pépites et de paillettes, parfois il est associé au quartz et à la pyrite. Il est inaltérable à toute température en présence de l’oxygène de l’air et de l’eau, et n’est attaqué que par l’eau régale dans laquelle il se dissout. Beaucoup de monnaies d’or, à la fin du moyen âge, ont été « lavées » par ce procédé pour leur enlever une couche d’or uniforme.
  • L’or se rencontre parfois allié naturellement à l’argent. On appelle cet alliage électrum ou or vert. L’électrum renferme de 73 à 98% d’or. Les Grecs d’Asie Mineure ont beaucoup utilisé cet alliage.

L’argent est rarement exploité sous forme de métal. Certaines mines américaines le livrent en plaques minces et en rameaux rappelant les feuilles de fougère. Ordinairement on l’exploite sous forme de sulfures, arséniures, séléniures, etc. On l’extrait aussi du plomb avec lequel il est d’ordinaire en combinaison.

Le platine est le plus pesant des métaux ; gris pâle, ductile, inaltérable. Il se rencontre dans les sables de l’Oural. Il a servi à la frappe de monnaies en Russie entre 1828 et 1845, et à la frappe de médailles.

Alliages a base de cuivre utilisés en numismatique.

Le cuivre existe à l’état natif en Amérique du Nord en coulées de masses filiformes. En Europe, il se présente sous forme de sulfures, d’oxydes et de carbonates. Il se réduit aisément par le charbon. Le cuivre est fort employé en alliage, pour durcir d’autres métaux. En le prenant comme base on fabrique les alliages suivants :

  • Le bronze qui renferme 8 à 12% d’étain. Parfois, on y ajoute quelques pour-cent de plomb, ce qui le rend plus mou et en diminue la qualité.
  • Le laiton ou similor, alliage de 80-88% de cuivre et de 20-23% de zinc.
  • Le chrysocale, alliage de 86-88% de cuivre, 8-6% de zinc et 6% d’étain.
  • Le maillechort, alliage de 50% de cuivre, 18.75% de zinc et 31.25% de nickel.
  • Le cupronickel, alliage de 75% de cuivre et de 25% de nickel.
  • Le bronze d’aluminium qui a été expérimenté, mais pour lequel on n’a pas encore trouvé de formule satisfaisante.

Autres métaux utilisés en numismatique.

  • Le zinc, bien qu’il n’ait pas été connu des anciens, a été utilisé par eux pour fabriquer le laiton qu’ils appelaient orichalque, en laissant fondre ensemble du cuivre et de la cadmie, minerai de zinc. Le zinc sert de nos jours à battre des monnaies de nécessité.
  • L’étain, métal mou à reflets jaunâtres, est surtout utilisé dans les alliages. Il ne s’altère que superficiellement à l’eau et à l’air. Il est rarement utilisé comme métal monétaire à cause de son peu de résistance, mais il a servi à fabriquer des méreaux.
  • Le plomb, métal très lourd, gris bleuâtre et malléable, mais mou. Il est surtout utilisé dans les alliages. Les rois de Numidie ont émis des monnaies de plomb.
  • Le nickel, métal blanc à reflets gris, très ductile, mais inerte et difficile à travailler. Il a été adopté, à cause de sa grande résistance à l’usure, pour la fabrication des monnaies d’appoint et des monnaies fiduciaires, soit pur, soit sous forme de cupro-nickel.
  • Le fer, métal très répandu dans la nature, qui s’oxyde très rapidement. Il existe quelques monnaies grecques en fer, pour Argos et Tégée. Le fer a servi pour frapper des monnaies de nécessité en Allemagne et en Belgique de 1914 à 1918.
  • Le billon, alliage de cuivre, d’étain, de plomb et d’un peu d’argent qui, au IIIème siècle, replaça l’argent romain. Au moyen âge on a donné le nom de billon à l’argent que l’on portait aux monnaies, qu’il se composât de pièces démonétisées ou d’autre métal, et quelque en fût le titre.
  • Le potin est un métal factice, cassant, fabriqué avec les lavures de la fabrication du laiton, du plomb, de l’étain; on y trouve aussi quelques traces d’argent. Le potin a été monnayé à Alexandrie et par les Gaulois.