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De guerre lasse, les épargnants qui s’adressent à leur banquier pour acheter quelques-unes de ces sicav qu’ils voient briller dans les palmarès finissent souvent… . par abandonner ! Car les grandes banques ont vocation à commercialiser les placements de la maison. Même s’ils ne sont pas les meilleurs de la place. En bonne logique, rien n’est donc prévu pour satisfaire les clients qui souhaitent doter leur PEA ou leurs comptes titres habituels d’un fonds d’une autre société de gestion. Aussi brillante soit-elle.

Pour avoir gain de cause face à un conseiller, le client tenté par une telle infidélité doit arriver armé de l’intitulé exact du fonds qu’il convoite, et même, de préférence, du code Isin qui permet de l’identifier. Il devra aussi tenir bon si son interlocuteur tente de lui en vendre le produit équivalent de la maison.

Enfin, il aura à s’acquitter d’une lourde addition.

Des frais fixes par opération lui seront facturés : 24,90 euros au Crédit agricole Ile-de-France, 23,90 euros à BNP Paribas par exemple. Il devra aussi régler les droits d’entrée maximum – parfois 4% ou 5% – de l’OPCVM, tels qu’ils figurent dans le prospectus d’information. Parfois, par exception, la banque a fixé un tarif inférieur avec le gestionnaire, mais il est rarement très avantageux. Ces droits d’entrée servent en effet à la rémunérer et elle n’a guère de raison de se sacrifier pour alléger la facture de son client.

Et ce n’est pas tout. Chaque année, l’épargnant qui aura réussi à souscrire dans sa banque un fonds «externe» se verra en prime réclamer ces fameux «droits de garde» dont il est dispensé s’il se contente des sicav «maisons». Coût : 5,13 euros par ligne, majorés d’une commission dégressive (0,35% à 0,13%) selon la valeur du portefeuille chez BNP Paribas par exemple.

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Ces tarifs sont appliqués sans clémence dans les agences.

Mais ils disparaissent comme par enchantement pour les heureux clients fortunés (220 000 euros au minimum en actifs financiers chez BNP Paribas par exemple) accueillis dans les salons feutrés des services de gestion privée de ces mêmes grandes banques. Ils pourront, eux, souscrire sans souci les fonds de la concurrence, à des tarifs très raisonnables. Car, aujourd’hui, aucune banque privée digne de ce nom ne peut se dispenser d’offrir un tel service à des investisseurs souvent très exigeants, régulièrement sollicités par les concurrents et prompts à aller voir ailleurs.

Quid des épargnants tout aussi exigeants, mais moins fortunés ? Pour trouver leur bonheur, ils peuvent tenter leur chance auprès des banques «patrimoniales». C’est-à-dire des établissements dotés de réseaux d’agences limités et qui voudraient conquérir les Français aisés. Pour se différencier des grands réseaux, elles ont entrouvert leurs portes aux fonds extérieurs.

Comment ?

En signant des accords avec des sociétés de gestion célèbres, de façon à commercialiser certains de leurs fonds à des conditions en principe préférentielles. En contrepartie, ces gestionnaires extérieurs les rémunèrent en leur reversant très souvent une partie des frais de gestion des OPCVM ainsi distribués. Les «rétrocessions» sont le nerf de la guerre. Barclays, par exemple, a lancé depuis plus de deux ans le service OPCVM Conseils. Accessible à partir de 10 000 euros, il donne accès à une sélection d’une quinzaine de fonds signés de grands noms, anglo-saxons pour la plupart : Schroders, Merrill Lynch, etc. Avantage ? Pas de frais de transaction, ni de droits de garde à régler et des droits d’entrée négociables (sinon, le tarif est dissuasif à 4%). Inconvénient : une commission «de sélection» annuelle dégressive – de 1,20% à 0,85% selon l’encours – est exigée, en échange d’un conseil régulier sur la composition idéale du portefeuille.

La CaixaBank, elle, propose aussi des fonds externes, mais surtout aux clients dotés d’au moins 150 000 euros d’actifs financiers, via le service Caixa Univers Patrimoine. Au menu, une quarantaine de fonds sans frais de transaction, avec des droits d’entrée à négocier… et, cette fois, les droits de garde classiques. Dernier exemple, cet été, la BPE (Banque privée européenne) s’est mise aussi sur les rangs, avec une sélection de 10 OPCVM accessibles sans frais de transaction, avec des droits d’entrée réduits à 2% seulement, et les droits de garde habituels.

Ces établissements ont montré la voie.

Leur concurrence incitera-t-elle les grandes banques à leur emboîter le pas ? Le Crédit mutuel Arkea est une des rares pour l’instant à avoir pris ce parti. Il a référencé une cinquantaine d’OPCVM extérieurs, dont les droits d’entrée sont réduits (jusqu’à 1%). Mais il reste quand même à régler des frais de transaction de 25 euros par opération, et des droits de garde. Pour trouver moins cher, c’est du côté d’Internet qu’il faut chercher. Chez les courtiers en ligne – Symphonis, Boursorama, par exemple –, des sélections d’OPCVM souvent très étoffées sont disponibles à des tarifs très compétitifs.

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