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Comment investir aujourd’hui l’épargne placée en assurance-vie ? Beaucoup d’épargnants apprécient le refuge sécurisant qu’offrent les fonds en euros, où le capital est garanti et qui servent des intérêts tous les ans. Mais leurs rendements s’effritent d’année en année. En 2003, seuls les meilleurs contrats ont rapporté 5% ou plus (avant fiscalité et prélèvements sociaux). Les moins performants sont tombés en deçà de 4,50%. Et l’érosion a de bonnes chances de se poursuivre cette année. Ces rendements, supérieurs de plus de 2% à l’inflation, restent honorables. Mais certains épargnants attendent davantage d’un placement à long terme. «Est-on prêt à se satisfaire d’un rendement annuel qui tend vers 4,50% pour une épargne qui, en pratique, reste investie sur des durées de dix ou quinze ans ?», s’interroge Jean-Nicolas Grzybowski, responsable de la gestion de patrimoine au Crédit mutuel Nord Europe. Mais quelles sont les alternatives pour les souscripteurs prêts à prendre un peu plus de risques ?

 

Les fonds garantis ou protégés.

Baptisés «fonds à formule», ils promettent une performance liée d’une façon ou d’une autre à la Bourse (par exemple à la hausse d’un indice boursier, d’une sélection d’actions, ou, nouvelle tendance, d’une sélection des meilleurs OPCVM actions du marché), à une échéance donnée, quelques années après la souscription. Avantage : la plupart de ces produits garantissent à l’échéance le capital investi. Ils permettent donc de profiter du potentiel des marchés boursiers – si l’on croit à leur essor ces prochaines années – sans risque en capital. Mais la performance est, elle, incertaine jusqu’au bout. «La plupart de ces fonds, dans l’assurance-vie, sont prévus pour des durées longues, huit ans très souvent, ce qui est très contraignant pour l’épargnant», analyse Alain Pays, responsable des produits d’assurance-vie chez UBS France SA. «Il est conseillé de privilégier les fonds à formule conçus pour des durées plus courtes, trois ans par exemple», estime-t-il.

Se retirer avant l’heure d’un fonds à formule est en effet pénalisant. Le souscripteur ne profite plus de la garantie en capital. Compte tenu de la gestion particulière de ces fonds, la valeur liquidative des parts peut s’avérer décevante (même si la Bourse a progressé depuis la souscription). Et des droits de sortie dissuasifs sont en général prévus. Bref, il devient difficile de changer de stratégie, mais aussi de faire un retrait sur le contrat (certains assureurs ne permettent pas au client d’imputer ce retrait sur un support spécifique, mais le répartissent sur tous ses investissements). Des problèmes peuvent aussi se poser si le contrat est dénoué par décès.

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Autre inconvénient : l’indexation sur les marchés boursiers et le gain maximal promis par le fonds sont en principe d’autant plus généreux que la durée du placement est longue. «Pour espérer gagner davantage sur une période courte, il faut souvent accepter un risque en capital limité, c’est-à-dire souscrire un fonds dont le capital n’est pas à 100% garanti, mais seulement «protégé», ajoute Alain Pays.

Une gestion opportuniste et contrôlée.

Si les épargnants sont prêts à accepter un risque limité en capital, certains contrats leur proposent aussi de souscrire des fonds pilotés pour lisser la performance dans le temps, éviter que la valeur liquidative ne baisse un jour fortement, tout en visant un rendement intéressant, notamment grâce à une diversification sur les actions. «Par exemple, si le gérant investit l’essentiel du portefeuille en obligations, s’il s’autorise à le couvrir pour le protéger éventuellement contre la hausse des taux, mais aussi à diversifier ses investissements sur des OPCVM actions performants, à plus ou moins forte dose selon les perspectives offertes par les marchés, il peut maîtriser la volatilité et donc le risque du placement», assure Nicolas Vachon, directeur de Gerer OPCVM (Groupe Caisse d’épargne).

Mais le capital investi n’est pas formellement garanti (pas même en partie). Et surtout la performance reste irrégulière. Le fonds Securac, de Finances Concept Avenir (société créée par des conseillers en gestion de patrimoine), piloté sur ce principe par Gerer Conseil, a par exemple gagné plus de 6% l’an dernier, mais… seulement 1,34% depuis le début de l’année, selon EuroPerformance (performance arrêtée au 25 juin).

Dans certains contrats d’assurance-vie, une philosophie voisine peut même se décliner dans un classique mandat de gestion. «Aujourd’hui, les souscripteurs se déterminent avant tout en fonction du risque maximal qu’ils acceptent de supporter. Ils se concentrent moins qu’autrefois sur la performance à atteindre, mais ne veulent pas perdre plus de 5% ou 10% de leur capital», remarque Joan Pierson, directeur général de Neuflize Vie. D’où l’idée de gérer l’allocation du contrat pour ne pas dépasser cette frontière… tout en profitant autant que possible des hausses des marchés pour le reste.

Impossible ? Aujourd’hui, les outils sophistiqués de contrôle des risques sur les portefeuilles, les nouvelles offres d’OPCVM à rendement garanti, de gestion alternative ou à performance absolue – qui visent à battre les marchés en couvrant si besoin le risque de baisse ou en s’appuyant sur un stock picking (sélection de valeurs) performant – rendent crédibles de telles gestions. «Le souscripteur détermine une franchise, la perte maximale qu’il accepte. A l’assureur, avec ce cahier des charges, d’offrir la meilleure performance possible et de profiter au mieux des opportunités des marchés financiers», ajoute Joan Pierson.

Les fonds de gestion alternative.

Timidement, les OPCVM de multigestion alternative (lire aussi l’article ci-contre) font leur entrée dans l’assurance-vie. «Leur principal avantage est de lisser la performance. Beaucoup moins volatils que la Bourse, ils limitent le risque de perte en capital», note Jean-Nicolas Grzybowski, au Crédit mutuel Nord Europe, établissement qui en accueille plusieurs dans certains de ses contrats. Mais, à y regarder de près, les performances, elles, sont en général quand même meilleures quand la Bourse est en belle forme. Le fonds UBS O’Connor GB Alpha Euro, proposé dans les contrats d’UBS, a par exemple gagné 6,8% en 2003, contre seulement 2,69% depuis le début de l’année

 

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