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L’Allemagne va mal et le chômage remonte. Malgré les réformes entamées depuis des mois (assouplissement des CDD, baisses des charges sociales sur les emplois faiblement rémunérés, incitations à la création d’entreprises…), le chômage a atteint en novembre de nouveaux records. Pour le dixième mois d’affilée, le nombre de sans-emploi a augmenté à 4,464 millions (+ 7 000 personnes), portant le taux de chômage à 10,8% de la population active, soit un plus haut depuis août 1998.

Si la hausse de novembre est moins vive que prévu (les analystes tablaient sur 13 000), «la tendance ne devrait pas franchement s’inverser au cours des prochains mois», selon Alexandre Bourgeois, de Natexis-Banques populaires.

Tout d’abord en raison de l’effet statistique qu’engendrera la modification du mode d’indemnisation intervenant début 2014. La législation Hartz-IV, qui vise à fusionner les allocations chômage et l’aide sociale, devrait un temps gonfler le nombre de demandeurs d’emploi d’environ 300 000 personnes. Cela risque de hisser le nombre de chômeurs à 4,824 millions. Certains experts n’excluent même pas le franchissement de la barre fatidique de 5 millions. Le reste du contexte conjoncturel ne pousse guère à l’optimisme. Certes, des projets importants de créations d’emplois viennent d’être annoncés, notamment dans la partie orientale du pays. La compagnie aérienne Lufthansa et le motoriste britannique Rolls-Royce ont choisi Erfurt pour installer un atelier commun de maintenance de moteurs d’avion. Le groupe national de courrier express DHL a décidé d’implanter à Leipzig sa plate-forme de tri européenne.

Mais ces quelques arbres ne peuvent cacher la forêt.

L’arrivée de l’hiver rime avec interruption des chantiers et réduction de l’activité touristique. Et les plans sociaux se multiplient. Le numéro un mondial de la chimie, BASF, et la Deutsche Bank viennent d’annoncer la suppression, dans les deux et trois prochaines années, respectivement de 3 000 et 1 920 postes en Allemagne de l’Ouest. Hier, le conglomérat pharmaceutique Bayer rendait publique la réduction de 440 emplois (sur un total de près de 3 000) dans la recherche-développement sur son site principal, à Wuppertal. La prévision, pour les entreprises du DAX 30, d’une hausse de leurs bénéfices de 58% cette année ne suffit visiblement à pas à mettre du baume au coeur des dirigeants allemands. Il est vrai que la hausse ininterrompue de l’euro (1,30 dollar en moyenne en novembre, soit un sommet depuis l’été 1995) entame la compétitivité des produits allemands, poussant les chefs d’entreprise à poursuivre dans la voie de l’austérité.

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Quant à la confiance des ménages, et donc leur envie de consommer, elle reste fragile. Or, s’accordent à dire les économistes, sans le renfort de la consommation privée (57% du PIB), la croissance allemande ne pourra dépasser son potentiel (entre 1,2% et 1,5%) ni cette année ni l’année prochaine.

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