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Turbulences sur les principaux marchés asiatiques depuis quelques semaines. Les Bourses de Bombay, de Bangkok ou encore les actions chinoises cotées à la Bourse de Hongkong (actions H) cèdent plus de 20% depuis le 1er janvier. Sur fonds d’incertitudes politiques, lundi dernier, la Bourse indienne a même clôturé en baisse de 11%. Mais, rassuré par la nomination au poste de premier ministre de Manmohan Singh, la Bourse de Bombay s’est ressaisie ces derniers jours.

«Quatre raisons principales expliquent les contre-performances récentes des marchés asiatiques : la crainte d’une remontée des taux, l’envolée du pétrole, le risque politique et des prises de bénéfices sur des marchés qui avaient beaucoup monté», commente Tanguy Kamp, analyste financier chez Fund Market. En effet, bon nombre de pays asiatiques, dont la Chine et l’Inde, sont des importateurs nets de pétrole. Et les élections dans plusieurs pays de la zone limitent la visibilité. «Dans une perspective d’investissement à moyen/long terme, l’Asie reste très attractive», poursuit toutefois l’analyste. Pour de nombreux gestionnaires de fonds, les marchés de la zone, moins chers que les Bourses américaines et européennes, disposent encore de potentiels de hausse.

«Les actions asiatiques (hors Japon) capitalisent en moyenne 14 fois les bénéfices, alors que les bénéfices des sociétés devraient croître de 25% cette année et de 14%», expliquent Bruno Vanier et Eam Soun Chhoa, gérants chez Edmond de Rothschild Asset Management. Ils soulignent l’accélération de la croissance asiatique. «Les investissements reprennent dans la région, les consommateurs asiatiques se réveillent (démocratisation du crédit et expansion fiscale). De plus, bon nombre de pays disposent de réserves colossales et de monnaies solides – sous-évaluées. Mais surtout, la Chine et l’Inde constituent les moteurs de la croissance régionale», expliquent les gestionnaires d’Edmond de Rothschild Asset Management, qui n’anticipent pas de surchauffe généralisée de l’économie chinoise. De son côté, Marc Faber de Crédit Suisse Asset Management considère que l’ouverture de la Chine, mais aussi d’autres pays changera dans quelques années la face de l’économie mondiale. «Actuellement, pour tirer parti de la croissance chinoise, mieux vaut privilégier certains secteurs, dont l’immobilier : les Chinois doivent construire tous les mois une ville de la taille de Philadelphie !»

A court terme, les perspectives d’évolution de l’économie chinoise divisent les spécialistes.

Pour les experts de Fund Market, «les risques sont supérieurs au potentiel de hausse, car l’Empire du Milieu compte de nombreuses faiblesses : manque de transparence ; une fracture sociale importante ; des marchés financiers peu matures ; certains secteurs sont en surchauffe et le gouvernement crée des surcapacités dans d’autres secteurs (immobilier, production industrielle…). Actuellement, nous préférons l’Inde à la Chine», explique Henri Reiter, directeur de Fund Market.

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En Inde, la croissance économique est en effet supérieure à 7% et des réformes structurelles sont en cours. Par ailleurs, les entreprises sont plus transparentes qu’en Chine et la main-d’oeuvre (anglophone) est hautement qualifiée et peu onéreuse. Enfin, les Indiens ont une culture entrepreneuriale. Bémol, toutefois, le pays manque d’infrastructures et le système bancaire est immature. Mais, pour les gestionnaires, d’autres pays de la région, comme la Corée du Sud, la Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie offrent aussi des opportunités d’investissement. «A court terme, mieux vaut privilégier les fonds très diversifiés», estime Henri Reiter. Et de conclure : dans un portefeuille diversifié, l’Asie (hors Japon) devrait peser 5,5% dans le cadre d’une stratégie agressive et 2,5% dans un portefeuille neutre.

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