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La méthode usuelle de frappe d’une pièce de monnaie consiste à placer une rondelle de métal vierge (flan) entre deux coins qui portent en négatif l’empreinte qu’on veut transposer sur le flan grâce à une pression appropriée. La partie la plus en relief du coin est plate (ou légèrement convexe) et devient le champ de la pièce. Les motifs qui sont en camée sur la pièce (en relief) sont en creux sur le coin et sont inversés. Si vous avez de la difficulté à visualiser cette opération, prenez une pièce de monnaie et pressez la contre de l’argile. L’empreinte laissée dans l’argile est la même que celle qui apparaît sur le coin.
Dans l’antiquité, et pendant longtemps, les coins étaient tous gravés individuellement, à la main. Ce procédé était très laborieux ; sans compter que le motif s’effaçait à l’usage et qu’on ne pouvait alors le graver à nouveau de façon parfaitement identique. Le système évolua progressivement jusqu’à ce qu’on parvienne à préserver un motif de façon permanente.
La première étape de cette évolution fut de graver le motif sur un poinçon. Le poinçon est un morceau de métal qui porte le motif en camée, tout comme sur la pièce de monnaie. Ce poinçon est alors placé entre deux morceaux d’acier qui en reçoivent alors l’empreinte en négatif. Ces morceaux d’acier deviennent alors des coins. Tous les détails secondaires (légende, denticules, etc.) sont par la suite gravés à la main sur chaque coin. Le résultat du principe poinçon coin est la préservation du motif original puisqu’on pouvait préparer plusieurs coins avec un seul et même poinçon.

La dernière étape de l’évolution du monnayage se produisit au XVIIème siècle.

On ajouta alors un troisième intermédiaire : la matrice. Le motif de la matrice est gravé en négatif, comme on peut le voir sur le coin. Cette matrice sert alors à fabriquer des positifs, qui sont les poinçons, au lieu de pièces de monnaie. L’addition de cette étape offre deux avantages sur l’ancien système.

  • Premièrement, le motif peut être mieux conservé puisqu’on peut alors frapper plusieurs poinçons identiques.
  • Deuxièmement, on pouvait alors placer toutes les parties du dessin sur la matrice. On n’était plus obligé de graver la légende et les denticules sur chacun des poinçons. C’est encore ce système qui est utilisé aujourd’hui (avec de légères modifications).

A l’heure actuelle, un des problèmes fondamentaux du monnayage est de produire une matrice avec une nouvelle effigie ou un nouveau motif. La façon la plus directe mais aussi la plus difficile à réaliser est de la graver à la main. Après avoir fait un croquis sur un bloc d’acier, on doit alors graver le motif tel qu’il devra apparaître sur la pièce, et ce, selon le même format que la pièce. Le lettrage et les autres parties secondaires du dessin sont souvent gravés à la main sur un poinçon qui sert ensuite à transposer ces compléments sur la matrice, il y a aujourd’hui très peu de graveurs qui peuvent effectuer ce travail.


L’autre méthode de produire une matrice est d’utiliser un tour à réduire. Cette machine, inventée au début du XIXème siècle par un français, Contamin, est utilisée pour la première fois par la Royal Mint de Londres en 1824. Bien qu’imparfaite au début, cette machine s’est perfectionnée au point de devenir un outil indispensable au graveur moderne. Voici brièvement son mode d’opération : on produit le motif désiré sur un disque de substance dure (plastique par exemple) d’environ 20 cm de diamètre. On place alors ce motif sur le tour à réduire. Un traceur suit alors le dessin sur un disque d’acier. Se servant du motif de 20 cm, on produit ainsi un motif de transition de 7,5 cm sur acier. On recommence l’opération avec le disque de 7,5 cm afin de produire une matrice de la dimension exacte que doit avoir la pièce. Ce nouveau produit du tour à réduire est presque toujours un poinçon (positif) appelé poinçon de réduction. Lorsque ce poinçon de réduction est parfait, on l’introduit dans une presse qui produira alors des matrices (négatif). Tous les détails absents du motif original sont alors ajoutés à la matrice.