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Tous les monuments numismatiques présentent une conformation commune.

Le morceau de métal dont il sont faits se nomme flan avant qu’il ait reçu l’empreinte.

Toute pièce a deux faces qui sont les parties planes, et une tranche qui est constituée par son épaisseur. La face qui a reçu l’empreinte principale est le droit; on trouve parfois pour désigner le droit le mot avers; l’emploi de ce dernier doit être évité parce que le sens est ambiphibologique. La seconde face s’appelle le revers. Lorsqu’il n’a pas reçu d’empreinte, le revers est dit vierge.

Chaque face présente un champ dans lequel on trouve le type, les inscriptions, et divers motifs accessoires qui n’y figurent pas nécessairement.

Le type est le motif principal de l’empreinte; il peut reproduire les objets les plus variés ou des représentations humaines. Il peut être gravé soit en relief, ce qui est le cas le plus fréquent, soit en creux; il est alors dit incus.

Les inscriptions sont destinées à faire connaître la nature de la pièce ou son usage, à expliquer le type qu’elles accompagnent. Elles servent aussi à commémorer des personnes ou des événements. Elles peuvent se placer soit sur une ou plusieurs lignes parallèles au bord de la pièce, soit directement dans le champ où elles permettent d’obtenir des effets décoratifs par une judicieuse disposition de leurs différentes parties.

Le champ est parfois limité par des filets, soit linéaires, soit perlés. Sur celui des monnaies on trouve encore des différents monétaires destinés à indiquer de quel atelier les pièces sont sorties, et parfois les marques des maîtres de la monnaie. Les différents monétaires sont des plus variés; chez les Grecs et le Romains, ce sont des lettres ou des groupes de lettres; la France du moyen âge a utilisé de préférence les points secrets qui se plaçaient sous une lettre convenue de la légende; plus tard, on se servit des lettres; les Pays-Bas ont employé des motifs héraldiques empruntés aux blasons locaux : main coupée (Anvers), petit lion (Gand, Namur), tête d’ange (Bruxelles), etc.

Les marques des maîtres de la monnaie apparaissent chez les Grecs sous forme de petits sujets placés dans le champ à côté du type principal. Dans les temps modernes, on a adopté des symboles comme un croissant de lune, une étoile, une corne d’abondance, etc. (Se reporter aux marques des graveurs généraux français).

Et ce n’est pas tout, on rencontre encore parfois les marques d’émission : au moyen âge, au temps où les princes tarifaient leurs espèces à leur guise et où ils en diminuaient de la même manière la valeur intrinsèque, il était indispensable de connaître les exemplaires des diverses émissions d’une même monnaie parce que celles-ci possédaient des valeurs diverses; dans ce but, on variait les signes qui servaient à séparer les mots : un, deux ou trois points superposés, des croisettes, etc.

Quand le type comporte une ligne de terre, l’espace compris entre le bord de la pièce et cette dernière s’appelle exergue.

La tranche peut être lisse ou recevoir un cordonnage ou des cannelures destinés à la défendre. Le même but est atteint si on y grave en creux ou en relief des inscriptions. Toutes les monnaies jusqu’à l’invention de la frappe mécanique au XVIe siècle ont la tranche lisse. Il y a une curieuse exception à signaler : aux temps de la République Romaine la tranche de certains deniers est découpée en dents de scie. Ce sont les serrati. On croyait que ce découpage empêchait la fabrication des deniers fourrés que les Romains avaient coutume d’introduire légalement en certaine quantité dans leurs émissions.

La saillie du bord de certaines monnaies et médailles destinée à protéger le type contre l’usure quand la pièce est posée à plat, s’appelle listel.

Ordinairement, les monnaies sont planes. Le moyen âge en a connues qui sont concaves à l’une des faces et convexes à l’autre. Ce sont les monnaies scyphates que l’on rencontre pendant les derniers siècles de l’empire byzantin.

Les monnaies sont parfois unifaces. Dans ce cas, lorsqu’elles sont très minces, elles portent le nom de bractéates. Le monnayage des bractéates a fleuri tout particulièrement en Thuringe et en Saxe à la fin du moyen âge.

Le module est la mesure du diamètre de la pièce. Il s’exprime en millimètres. Dans les ouvrages anciens, particulièrement lorsqu’il s’agit de monnaies antiques, le module est indiqué au moyen de l’échelle de Mionnet.

Le module des plaquettes modernes s’obtient en en mesurant la diagonale, ou, s’il s’agit d’une plaquette tout à fait irrégulière, la plus grande des diagonales.

Les variations de teinte que l’on observe lorsque l’on se trouve en présence de monnaies d’or et d’argent différentes, proviennent du degré de pureté plus ou moins grand du métal. C’est pourquoi il importe de connaître le titre des monnaies, c’est-à-dire la proportion d’alliage d’argent et de cuivre ajouté à l’or, la proportion d’alliage de cuivre que renferme l’argent. Primitivement les monnaies étaient frappées dans le métal tel que le produisaient les mines. Au cours des âges on y a ajouté du cuivre pour économiser le métal précieux et rendre celui-ci plus résistant. Le titre de l’or s’exprimait sous l’ancien régime en carats. L’orfèvrerie moderne a conservé cet usage. L’or pur est dit à 24 carats. Le carat se subdivise en 32 parties.

Le titre de l’argent se formulait en deniers. L’argent pur était dit à 12 deniers de 24 grains. Les monnaies étaient parfois fabriquées au moyen âge en partant de l’argent-le-roi, qui comportait 23/24 d’argent et 1/24 cuivre. Celui-ci était alors pris comme fin.

Depuis l’introduction du système décimal, le titre, tant pour l’or que pour l’argent, se calcule en millièmes.