La crise bancaire stimule les prix de l’or alors que les rendements obligataires chutent

L’or continue de monter ce matin, avec un niveau de transactions très élevé. Le mercredi 15 mars 2023, les prix de l’or ont bondi pour la troisième fois en quatre jours, atteignant de nouveaux sommets historiques pour les investisseurs britanniques à 1 930 dollars l’once à Londres.

Cela intervient alors que la panique entourant les valeurs bancaires a fait grimper les principaux bons d’État, faisant baisser les coûts d’emprunt à long terme à leur plus bas niveau en six mois, et entraînant la plus forte baisse hebdomadaire des rendements depuis le krach boursier du « Lundi noir » en 1987. La récente faillite de Silicon Valley Bank, spécialisé dans la technologie, a marqué un tournant dans les taux d’intérêt, qui devraient rester élevés pendant longtemps. Cela, combiné à la baisse du dollar et à l’afflux vers les actifs sûrs, pourrait continuer à faire monter les prix des métaux précieux à court terme, en particulier l’or, selon Jonathan Butler, de la division des métaux précieux du conglomérat japonais Mitsubishi.

En revanche, les métaux blancs (argent et platine), qui sont plus orientés vers l’industrie, pourraient être moins chanceux si la croissance économique se affaiblit. Le climat géopolitique est également incertain, avec des tensions entre les États-Unis et la Russie suite au récent crash d’un drone militaire américain dans la mer Noire, et avec Taiwan signalant des incursions d’avions militaires chinois dans sa zone de défense aérienne.

L’or a fortement augmenté dans le contexte de la crise bancaire et financière actuelle, notamment à la lumière de la faillite de Silicon Valley Bank, la 16e plus grande banque des États-Unis en termes d’actifs, orchestrée par les autorités américaines le week-end dernier. Cette faillite soulève des questions sur la résilience du système bancaire face à la hausse des taux d’intérêt.

Panique mondiale sur fond de Crise bancaire américaine.

Le système bancaire américain est en crise, avec trois faillites bancaires survenues en seulement quatre jours, dont la plus importante depuis la crise financière de 2008. Les autorités américaines craignent une contagion au reste du système bancaire et ont pris des mesures pour garantir le retrait des dépôts de la Silicon Valley Bank. Le président Joe Biden s’est félicité de la réaction rapide des autorités américaines, tandis que le ministre français de l’économie, Bruno Le Maire, a assuré que la faillite de ces banques ne mettait pas en danger les banques françaises. Les marchés européens ont été plombés par le secteur bancaire, qui a connu sa pire séance de l’année.

Le secteur immobilier est également en difficulté, avec des taux d’intérêt au plus haut depuis sept ans, ce qui devrait entraîner une baisse du volume des transactions dans les mois à venir. Le secteur du neuf rencontre également des problèmes en raison de la hausse des prix des matières premières. Enfin, le secteur de l’habillement de milieu de gamme est confronté à une crise, avec la faillite de nombreuses enseignes françaises, confrontées à la concurrence de l’e-commerce et de l’ultrafast fashion.

Silicon Valley Bank a subi des pertes massives en investissant dans des obligations du gouvernement américain, presque à leur apogée, à la suite de la politique agressive de hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale. En 2020 et 2021, durant une période de faibles taux d’intérêt, et alors que ses dépôts ont considérablement augmenté, SVB avait pris des positions importantes dans les obligations du gouvernement américain.

L’or a atteint de nouveaux sommets en livres britanniques à 1 597 livres l’once et à 1 829 euros en euros, son niveau le plus élevé depuis le record établi au printemps dernier lors de l’invasion russe de l’Ukraine. Le prix de l’or en dollars a atteint 1 930 dollars l’once à midi à Londres, soit seulement 1,5 % de moins que le pic de 9 mois atteint au début de février pour les investisse.

Les deux prochaines années seront-elles apocalyptiques pour l’économie ?

C’est ce qu’affirme l’économiste prévisionniste et investisseur François Traha, basé sur une analyse économique qui révèle que l’impact de la hausse des taux d’intérêt prend environ deux ans avant d’avoir un impact significatif sur l’économie. Ainsi, le choc économique est encore devant nous, malgré les bonnes nouvelles économiques récentes, telles que la création d’emplois aux États-Unis et la baisse de l’inflation. Et cela semble commencer avec cette faillite bancaire.

Selon François Traha, la récession est inévitable et la situation actuelle rappelle les précédents cycles économiques où il y avait des débats sur une récession ou un atterrissage en douceur. Les reprises temporaires peuvent donner l’impression que le pire est derrière nous, mais elles ne sont que temporaires et ne justifient pas une vision optimiste de l’avenir. Les États-Unis ont une économie très sensible aux changements, avec 68 % du PIB provenant de la consommation. La banque centrale américaine a initialement mal vu l’inflation et les taux d’intérêt, avec un an de retard, et est maintenant en train de rattraper son retard en augmentant les taux d’intérêt de manière agressive. Cela aura un impact significatif sur l’économie, ce qui explique pourquoi François Traha prévoit une récession imminente. Bien que les bonnes nouvelles économiques récentes puissent donner l’impression que tout va bien, la hausse des taux d’intérêt aura un impact significatif sur l’économie dans les deux ans à venir. Il est donc essentiel de prendre des mesures pour se préparer à une récession imminente.

Par Alexandre Laurent

Alexandre est diplômé de la Normandy School of Business et de l'Université de Perpignan d'une maitrise d'économie en 1995.Alexandre Laurent evolue dans le secteur bijouterie et or d'investissement.

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