La Banque centrale européenne a laissé jeudi son taux d’intérêt directeur inchangé, restant ainsi en position d’attente face à la hausse de l’euro qui d’un côté risque de peser sur la croissance, mais de l’autre réduit les risques d’inflation liés à la flambée du pétrole.
L’institut a maintenu le loyer de l’argent en zone euro à 2% pour le 17ème mois consécutif lors de la réunion mensuelle de son conseil des gouverneurs, a annoncé l’un de ses porte-parole.

Ce taux n’a plus été modifié depuis juin. Les deux taux plancher et plafond qui l’encadrent, le taux de facilité de dépôt et celui de prêt marginal, restent eux aussi respectivement à 1% et 3%, a-t-il précisé.

La banque d’Angleterre a également opté jeudi pour le statu quo, laissant son taux directeur inchangé à 4,75%.

Le président de la BCE Jean-Claude Trichet devait s’expliquer en début d’après-midi lors d’une conférence de presse sur cette décision très largement anticipée. Les éventuels commentaires du Français sur la forte hausse actuelle de l’euro face au dollar sont très attendus.

Juste après la décision, la monnaie unique faisait du surplace, à 1,2866 dollar, proche de son niveau record de 1,2929 dollar atteint le 18 février.

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La BCE est restée jusqu’ici silencieuse face à l’appréciation de la monnaie unique, qui risque de peser sur la croissance en zone euro alors que la reprise donne de premiers signes d’essoufflement.

L’indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier (PMI) de la zone euro a ainsi reculé en octobre à 52,4 points, contre 53,1 en septembre, tandis que celui du secteur des services n’a que peu progressé, selon des chiffres publiés cette semaine.

Par ailleurs les commandes dans l’industrie allemande ont accusé un recul surprise en septembre par rapport à août, a annoncé jeudi le ministère de l’économie.

Pour les économistes, l’absence de réaction jusqu’ici de la BCE s’explique notamment par l’effet bénéfique de la hausse de l’euro sur la facture pétrolière libellée en dollars et donc sur l’inflation que l’institut a pour mission première de juguler. Cependant la banque centrale pourrait être obligée de réagir d’une manière ou d’une autre si la monnaie unique franchit le seuil de 1,30 dollar, selon les experts.