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Combien rapporteront cette année les contrats en euros ou leurs alter ego, les fonds en euros proposés dans les multisupports ? Pour la plupart d’entre eux, les compagnies n’annonceront les rendements 2015 qu’en janvier prochain. Mais les pronostics ne sont guère encourageants. L’an dernier, les rendements des bons contrats, chez les assureurs traditionnels, grimpaient encore autour de 4,50% ou de 4,70%. Les bancassureurs, eux, offraient souvent seulement autour de 4% à 4,20%. «Le seuil des 4% n’est pas une barrière infranchissable. Cette année, certains contrats passeront certainement en dessous», explique Jean-Claude Chaboseau, directeur des partenariats individuels et grand public à la CNP.

La baisse régulière observée depuis plus de dix ans se poursuit donc.

Motif ? Les fonds et contrats en euros sont adossés pour l’essentiel à des obligations conservées jusqu’à l’échéance. Dans les portefeuilles, les assureurs ont encore des stocks de titres achetés depuis de nombreuses années, qui versent encore 7% ou 8% par an. Mais ils viennent progressivement à échéance et sont remplacés par des obligations nouvelles, qui servent moins de 4%. Les emprunts d’état à dix ans achetés en 2015 rapporteront ainsi entre 3,70% et 3% seulement pour les dix ans à venir. Et c’est aussi à ces taux décevants qu’est investie la collecte nouvelle (les nouveaux versements réalisés par les épargnants, diminués des retraits sur les contrats).

Bilan : les obligations les plus rentables sont progressivement «diluées» dans les portefeuilles.

«Cette érosion naturelle entraîne une baisse mécanique du rendement des fonds en euros de l’ordre de 0,50% par an. On peut l’amortir grâce à une bonne gestion financière, mais pas l’arrêter», explique Eric Duval de la Guierce, président du directoire d’Aviva Gestion d’actifs, l’assureur qui gère notamment le contrat Afer.

Une érosion naturelle

Pour limiter le choc, certaines compagnies ont dans le passé aussi mis en réserve une partie des gains financiers. Elles sont tenues de les reverser aux assurés dans un délai de huit ans. Si elles puisent dans cette enveloppe, elles pourront donc limiter la déception de leurs clients sur les rendements 2015. Même espoir pour les assureurs qui ont choisi de diversifier assez largement leurs investissements en Bourse. Celle-ci a gagné plus de 19% depuis janvier. «Les actions représentent entre 10% et 12% du portefeuille de nos fonds en euros, et cette année nos clients vont bénéficier de cette dynamique», souligne Joaquim Pinheiro, directeur technique vie chez Azur GMF. D’autres assureurs, en revanche, n’ont misé qu’à 3% ou 4% sur les actions et profiteront moins de ce rebond. «Au total, on peut s’attendre en moyenne sur le marché à une baisse de l’ordre de 0,20% à 0,30% des rendements en 2015», conclut Pierre Beaumin, directeur assurance-vie individuelle chez Groupama.

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Et en 2016 ? Le salut pourrait venir des conversions de contrats en euros en multisupports. Si de nombreux épargnants transfèrent à cette occasion leur épargne sur des sicav et FCP en actions, cela réduira la collecte nette sur les fonds en euros. La dilution des obligations les plus rentables sera limitée. Et les rendements mieux préservés.

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