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Rassurés par la reprise des marchés boursiers, l’année dernière, les Européens ont recommencé à investir dans des fonds d’investissement (OPCVM en France). Après un déclin en 2011 et 2012, les actifs gérés pour le compte de tiers ont ainsi augmenté de 14% en 2013, selon le sixième rapport de McKinsey & Company, consacré au secteur européen de la gestion d’actifs. La hausse s’explique par l’accroissement des flux financiers (+ 6%), mais aussi par l’amélioration de la performance boursière (+ 8%). «L’Europe est dans une phase d’accumulation des actifs financiers qui s’explique notamment par le poids important des 40/60 ans. Un phénomène qui devrait se poursuivre jusqu’en 2020», explique Pierre-Ignace Bernard, directeur-associé de McKinsey.

Dans la plupart des pays européens, les flux nets ont surtout porté sur les classes d’actifs à faible risque et sur les produits financiers non traditionnels. Dans ce cas, les produits structurés (qui donnent une garantie en capital aux investisseurs), immobiliers et alternatifs (dont le but est de réaliser des performances décorrélées des marchés) ont enregistré des taux de croissance très élevés. «Mais, ils partaient, il est vrai, de niveaux modestes», souligne l’étude de McKinsey & Company.

Toutefois, on constate de fortes disparités entre les différents pays et régions du Vieux Continent. La France, par exemple, se situe dans la moyenne européenne (+ 13%). Mais, c’est au Royaume-Uni, en Scandinavie ou encore dans la péninsule Ibérique que la hausse des encours des fonds d’investissements est la plus importante. A contrario, l’Allemagne, l’Italie, le Benelux et la Suisse, pénalisés par de faibles performances et des flux nets peu élevés, sont restés bien en deçà de la moyenne européenne.

Par ailleurs, la rentabilité moyenne des sociétés de gestion s’est améliorée (+ 1,27%) dans un secteur de plus en plus mature. «Les acteurs qui ont les meilleurs taux de rentabilité ont fait la différence davantage par l’amélioration de leurs résultats que par la diminution de leurs coûts», commente l’étude de McKinsey & Company. Pour autant, celle-ci souligne que pour la première fois, les coûts n’ont pas augmenté plus vite que les encours.

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Malgré ces constats «encourageants», ce rapport souligne que des «évolutions préoccupantes se dessinent». «Le paysage de la gestion d’actifs apparaît plus ouvert que par le passé. Et des évolutions importantes de l’environnement concurrentiel se profilent.» A l’extérieur du secteur, on assistera à l’émergence de produits non traditionnels susceptibles d’être commercialisés par des acteurs qui ne seront pas des gestionnaires de fonds. «On peut s’attendre à ce que de nouveaux entrants comme les banques d’affaires prennent une place croissante sur le marché des produits structurés», commente l’enquête. Pour faire face à cette nouvelle concurrence, des changements interviendront dans les produits sur le marché des particuliers afin de répondre à la demande des clients pour les classes d’actifs à moindre risque et les produits «non traditionnels». «Les gestionnaires devront renforcer leur valeur ajoutée sur chaque segment de clientèle et créer des conditions qui leur permettent de surperformer les marchés», avance l’étude de McKinsey & Company. Dans ce cas, il s’agirait, par exemple, de fonds dont l’exposition aux actions varierait en fonction de la performance de leur indice de référence. Un peu à l’image d’Atout Vert Horizon de Crédit agricole ou de K2 de BNP Paribas.

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