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Les mutuelles se rebiffent ! La Macif proposera bientôt des crédits immobiliers et avoue réfléchir au lancement d’une offre bancaire. La Matmut vient de lancer un livret d’épargne rémunéré à 3,20% brut (soit 2,37% net après impôt) qui bat de loin ceux des grandes banques et distance même d’une courte tête le livret A. La Fédération nationale de la mutualité française, qui rassemble 164 mutuelles surtout spécialistes de la santé, a signé un partenariat avec CNP Assurances pour commercialiser un plan d’épargne retraite populaire (Perp), le plan Mutex Retraite, auprès des sociétaires… Les mutuelles cherchent ainsi à riposter à la concurrence accrue des banques qui vendent désormais allégrement assurance-vie, mais aussi assurance auto, habitation ou santé. Avec de sérieux atouts. D’un côté, les banques connaissent les revenus de leurs clients, ce qui leur permet de mieux cibler leur offre d’épargne. De l’autre, elles sont les premières sollicitées par les emprunteurs en quête d’un crédit immobilier et ont beau jeu, en échange d’un bon taux, de les inciter à souscrire chez elles leurs assurances. Pour contrer l’attaque, les mutuelles sont donc de plus en plus souvent contraintes d’explorer à leur tour les métiers de la banque : le crédit immobilier, pour fidéliser les clients, l’épargne, voire, parfois, les moyens de paiement et les comptes bancaires…

Les AGF, Axa ou encore Groupama ont déjà pris ce virage, en créant leur propre banque.

Mais, pour l’instant, la plupart des mutuelles hésitent à aller aussi loin. Aujourd’hui, par exemple, seules quelques pionnières proposent des crédits immobiliers. C’est le cas notamment de la Maaf ou encore la Matmut qui a conclu pour cela depuis environ deux ans un partenariat avec le Crédit foncier de France. Elles sont plus nombreuses en revanche à proposer des prêts à la consommation. Et si leurs taux ne sont pas forcément toujours les plus bas du marché, il y a parfois de belles occasions à saisir. Par exemple, la Maif, qui propose aujourd’hui exclusivement des crédits auto, offre un taux de 3,87% hors assurance aux conducteurs dotés de 50% de bonus (ou pour les victimes d’un sinistre non responsable sur un véhicule assuré depuis au moins 3 ans) lorsque le prêt est remboursé en deux ans maximum, et de 4,91% pour des durées plus longues. Le tout sans frais de dossier.

Bonnes surprises aussi côté épargne.

Les mutuelles sont en effet traditionnellement moins gourmandes en frais que les banquiers ou les assureurs. Exemple : sur son nouveau Perp, la Maaf affiche des frais (3% à l’entrée et 0,70% par an pour la gestion) inférieurs à ceux pratiqués ailleurs en général sur ce produit. De même, Mutavie, la filiale d’assurance-vie de la Macif, propose un contrat d’assurance-vie sans aucun frais de gestion (ce qui est rare) et qui supporte seulement 3,5% de frais sur les versements. En contrepartie, les contrats des mutuelles sont souvent très simples, et le nombre de supports d’investissements proposé peut sembler limité aux investisseurs. Pourtant, dans d’autres domaines, les mutuelles font parfois preuve de plus d’audace. Il y a trois ans, par exemple, la Macif et la Matmut ont créé une filiale commune, baptisée One (Ofivalmo Net Epargne) pour commercialiser sur Internet des sicav et FCP sélectionnés par Ofivalmo, une société de gestion dont les mutuelles sont les principaux actionnaires. «Par exemple, sur le site de la Matmut, les clients suffisamment connaisseurs pour choisir eux-mêmes leurs sicav et FCP ont à leur disposition 50 fonds de différentes sociétés de gestion, sélectionnés parmi les meilleurs du marché. Mais ceux qui préfèrent la simplicité peuvent aussi souscrire des fonds de fonds ou des fonds adaptés à leur profil. Le tout avec des frais d’entrée réduits dans le cadre d’un compte titres ou d’un PEA», explique Tristan de la Fonchais, directeur du développement de Matmut Service Epargne. Autre atout : les droits de garde, forfaitaires, sont fixés à seulement 30 euros par an.

Bref, les mutuelles offrent parfois de bonnes affaires. Et il n’est pas forcément compliqué d’en profiter car ces établissements sont moins corporatistes qu’autrefois. Beaucoup, comme la Macif, accueillent aujourd’hui les sociétaires quelle que soit leur profession. D’autres, plus fermées, trouvent aussi moyen d’élargir leur cible de clientèle. Par exemple, la Maif, mutuelle des enseignants, a créé Filia Maif, qui offre des services similaires à des tarifs voisins, et est ouverte à un public plus large.

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