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Les créations d’emplois ont fortement ralenti en novembre aux États-Unis avec 112.000 nouveaux postes seulement, réveillant les craintes d’un nouvel essoufflement du marché du travail américain. Ce chiffre est très en dessous des 303.000 créations d’emplois enregistrées en octobre, qui avaient amené les économistes à célébrer enfin le décollage des embauches. Il a fortement déçu les analystes, qui tablaient sur 200.000 nouveaux postes, même si la baisse du taux de chômage de 5,5% à 5,4% est conforme à leurs attentes.

«Sans doute possible, ce sont de mauvais chiffres, très en dessous des attentes. Les créations d’emplois augmentent, mais à un rythme très inférieur à ce que suggère l’état général de l’économie américaine», souligne John Lonski de Moody’s Investors Service. Parmi les mauvaises nouvelles, les créations des mois précédents ont été revues en baisse: 303.000 en octobre (contre 337.000 annoncées précédemment) et 119.000 en septembre (contre 139.000).

Les marchés ont mal accueilli la nouvelle, Wall Street passant brièvement dans le rouge sur le marché à terme tandis que le marché obligataire connaissait un regain de dynamisme et que l’euro s’envolait face au dollar. L’essentiel des créations d’emplois en novembre a été assuré par le secteur tertiaire (104.000 au total), mais le commerce de détail a supprimé 16.000 emplois le mois dernier, un signe médiocre à l’aube de la saison des fêtes de fin d’année. Autre secteur à perdre de nouveau des emplois, l’industrie s’est séparée de 5.000 salariés.

Ces chiffres ont laissé les analystes sur leur faim.

Les derniers indices – notamment l’évolution des inscriptions hebdomadaires au chômage et le rapport sur la conjoncture de la banque centrale dit «livre beige» – laissaient plutôt attendre un redressement de l’emploi. «Peut-être les derniers chiffres sous-estiment-ils les créations d’emplois. Nous pourrions avoir une révision à la hausse», avance M. Lonski. D’autres économistes remettent les chiffres en perspective, en rappelant que les créations d’emplois ont atteint 178.000 par mois en moyenne ce dernier trimestre ce qui «n’est pas si mal», comme le souligne Marie-Pierre Ripert de CDC Ixis. Il faut 150.000 nouveaux emplois environ pour absorber la hausse de la population active.
Le secrétaire américain au Trésor John Snow s’est d’ailleurs félicité des chiffres qui selon lui «confirment que l’économie américaine est sur la voie d’une croissance régulière».

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Mais une autre lecture de ce rapport, moins optimiste, est également possible.

Les chiffres des derniers mois ne sont pas sans rappeler ce qui s’était passé au printemps, lorsque le marché du travail avait donné un coup d’accélérateur pendant trois mois avant de retomber à l’été. «On ne peut exclure» une redite de ce scénario, souligne M. Lonski, pour qui les derniers chiffres «forcent les analystes à reconsidérer leurs précédentes affirmations selon lesquelles l’emploi a renoué avec une croissance typique d’une reprise économique».

Le risque est de voir la langueur de l’emploi contaminer le reste de l’économie via les consommateurs, principaux moteurs de la croissance américaine. «Avec un croissance chancelante de l’emploi et des salaires, le marché du travail semble faible, ce qui bridera la consommation à l’avenir», avertit Lawrence Mishel, le président de l’institut de politique économique EPI, proche des démocrates. Pour la Réserve fédérale (Fed), le dernier rapport ne changera sans doute pas grand chose, surtout dans un contexte de dollar affaibli. «Nous continuons à tabler sur une hausse de 0,25 point des taux directeurs le 14 décembre», lors de la prochaine réunion de la Fed, ce qui porterait les taux à 2,25%, assure Mme Ripert.

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