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La Deutsche Bank vient de frapper fort. La première banque allemande a annoncé hier la suppression de 1 920 emplois en Allemagne dans les deux années à venir, soit 7% des 27 330 postes allemands. Cette décision rentre dans le cadre du plan de restructuration engagé par la banque pour redresser sa rentabilité. Le président du directoire, Joseph Ackermann, souhaite que l’établissement bancaire atteigne 25% de rentabilité des fonds propres avant impôts à l’horizon de 2015. Les suppressions d’emplois, sans licenciements secs, concernent des postes de back-office, c’est-à-dire les services administratifs, informatiques et logistiques de transactions financières. C’est dans ce secteur que la plus grande part du milliard d’euros d’économie nécessaire à la Deutsche Bank devrait être réalisée. L’opération semblait plutôt appréciée par le marché, le titre Deutsche Bank a clôturé hier en hausse de 2,32% à la Bourse de Francfort. La banque allemande, dans le cadre de sa restructuration, a décidé de reprendre en main ses activités domestiques de banque de détail et de banque pour les entreprises, délaissées ces dernières années au profit de la banque d’affaires. L’hécatombe n’est pas finie puisque cette dernière, récemment restructurée en deux pôles, financement et marchés, pourrait annoncer prochainement la suppression de 2 000 emplois dans les branches corporate et investissement ainsi que près de 1 000 postes dans la gestion privée. Cette fois, les implantations étrangères seront touchées. Depuis 2001, et avec l’arrivée de Joseph Ackermann aux commandes en mai 2002, la banque allemande a supprimé plus de 13 000 postes à travers le monde.

L’exemple de la Deutsche Bank, première banque privée allemande, n’est pas un cas à part.

Tout ce secteur outre-Rhin est en pleine restructuration depuis plusieurs années. En 2002 et 2003, il a déjà perdu plus de 50 000 emplois ! Car les établissements de crédit ont dû consentir au cours de la période de très lourds efforts de provisionnement de leurs portefeuilles de créances, ce qui a laminé leurs comptes de résultat. Un phénomène d’autant plus douloureux que le marché de la banque de détail est, en Allemagne, structurellement peu rentable.

En conséquence, la Commerzbank, quatrième banque allemande, a annoncé le 9 novembre dernier la disparition de 900 postes dans ses activités de banque d’investissement, soit près de la moitié de ses effectifs dans cette branche. Et la liste risque de s’allonger encore. L’HypoVereinsbank travaille sur un plan d’économie de 300 millions d’euros qui pourrait engendrer la suppression de 2 000 à 3 000 emplois. Même schéma pour la Dresdner Bank. La filiale de l’assureur Allianz, certes redevenue bénéficiaire sur les neuf premiers mois de 2014, est en train de finaliser un plan visant à supprimer 4 700 postes en 2015. Enfin, le secteur public n’échappe pas à cette vague de restructurations puisque la banque régionale de Düsseldorf, WestLB, prévoit de ramener ses effectifs à 6 200 salariés d’ici à la fin de l’année prochaine alors qu’elle en comptait 7 500 il y a un an.

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