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Crise du pétrole : les États-Unis vont fournir plus de brut.

Alors que le prix du pétrole a atteint son plus haut niveau depuis 1983 le 21 avril, à 75,35 dollars le baril de brent, le président américain a annoncé la suspension provisoire de l’approvisionnement de la réserve stratégique américaine.

Suspendre l’approvisionnement de la réserve stratégique de pétrole américaine jusqu’à l’automne pour augmenter la disponibilité de l’or noir sur les marchés. Telle est la mesure exceptionnelle prise mardi par le président américain. « La réserve stratégique est assez grande pour nous protéger contre toute perturbation dans l’offre ces prochains mois. En reportant les approvisionnements jusqu’à l’automne nous laissons un peu plus de pétrole sur le marché. Chaque petite chose aide », a expliqué George W. Bush, pour justifier cette décision. Les États-Unis espèrent ainsi que la hausse des prix du pétrole soit limitée. Bush a également appelé les compagnies pétrolières, qui enregistrent des profits record, à accroître leurs investissements dans des carburants alternatifs, tel que l’éthanol. Les réserves stratégiques de pétrole des États-Unis comptent actuellement quelque 700 millions de barils. Elles sont utilisées en cas d’urgence, notamment pour faire face à une interruption momentanée de l’approvisionnement en brut du pays.

Tensions sur le marché du pétrole

Dès cette annonce, les prix du baril de brent ont reculé, s’établissant à 72,90 dollars contre 75,35 dollars le 21 avril, un record depuis 1983. Le marché reste néanmoins sous tension alors que Téhéran a laissé entendre mardi qu’il aurait recours à l’arme du pétrole en cas de sanctions « radicales » à son encontre. « L’Iran n’est pas celui qui commencera la crise, mais si nous sommes sujets à des mesures radicales cela aura automatiquement des conséquences importantes sur le pétrole », a ainsi déclaré Ali Larijani, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale. Or, les États-Unis ont indiqué ces derniers jours que toutes les options étaient sur la table pour forcer l’Iran à cesser d’enrichir de l’uranium, y compris une intervention militaire. Dans cette éventualité, le pays pourrait riposter en réduisant ses exportations de brut, estimées à plus de 2,5 millions de barils par jour ou en bloquant le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le trafic pétrolier. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a donné jusqu’à vendredi à l’Iran pour suspendre l’enrichissement d’uranium. Par ailleurs, le géant américain ExxonMobil a évacué mardi son personnel « non-essentiel » du principal terminal d’exportation pétrolier du Nigeria, qui traite 650.000 barils par jour, par crainte d’attaques de militants séparatistes. Cette annonce a ravivé les inquiétudes sur l’instabilité de la production au Nigeria, déjà amputée de quelque 20 % (550.000 barils par jour) par de récentes attaques.

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