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Pour préserver leurs performances, certains produits spécialisés ferment leurs porte. Fermés ! Certains fonds communs de placement, ont décidé de refuser de nouvelles souscriptions. L’exemple le plus fameux est celui d’Agressor, le FCP moyennes capitalisations françaises de la Financière de l’échiquier. Le fonds géré par Didier Le Menestrel a été fermé le 10 mars à 860 millions d’euros. L’AMF a recensé quelques autres cas : la société de gestion Acofi a notamment fermé le 21 avril deux produits immobiliers purs. L’actif de ces fonds maitre et nourricier, la sicav Compagnie immobilière Acofi et le fonds Acofi Patrimoine Immobilier, est aujourd’hui de 255 millions d’euros.

Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières, dits « OPCVM , sont des organismes de placement collectif soumis à la directive 2009/65/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009. Source AMF

Cette pratique est nouvelle en France pour des OPCVM grand public et elle a étonné certains particuliers. Elle résulte de la loi de sécurité financière d’août dernier. Auparavant, les gestionnaires utilisaient des voies détournées pour décourager les souscriptions : ils augmentaient les droits d’entrée à partir d’un certain moment (comme c’est couramment le cas sur les fonds garantis). La loi de sécurité financière autorise désormais les promoteurs à interdire purement et simplement les souscriptions une fois un certain actif atteint. Inversement, si cet actif repassait en dessous d’un seuil fixé à l’avance, la souscription serait réouverte.

Certains n’ont pas encore fermé leur fonds, mais ont déjà fait savoir qu’ils le feraient.

C’est le cas pour Centrale Actions Avenir de CCR actions. «Nous avons prévu de fermer les souscriptions lorsque l’actif atteindra 250 millions d’euros. Il s’élève actuellement à 205 millions d’euros» précise Marc Renaud, le directeur général de CCR Actions. Le fonds pourra être réouvert quand il repassera sous la barre de 200 millions d’euros.

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Chez Acofi, ce n’est pas directement en fonction de l’actif que se prendront les décisions de réouverture et de fermeture, mais en fonction du nombre d’actions détenues (la fermeture intervient à 940 000 actions et la réouverture à 800 000 actions, ce qui correspond à un actif de 235 millions d’euros). Pour les autorités de marché et l’AFG, l’Association française de la gestion qui représente la profession, ces fermetures ne posent pas de problème. «Au contraire, la possibilité de fermer des fonds répond à une demande de la profession» explique-t-on à l’AFG.

Certains particuliers se sont en revanche étonnés.

L’un d’eux, qui investissait régulièrement sur Agressor, via des versements programmés, a ainsi eu la surprise de voir son épargne placée sur un autre fonds de la société de gestion. Dans ce cas, c’est la communication entre l’assureur (ou le conseiller) et l’investisseur final qui est en cause. A priori, la fermeture d’un OPCVM ne lèse pas les souscripteurs. «Il est absurde de penser que nous allons nous désintéresser de Centrale Actions Avenir. Au contraire, nous avons pris la décision de le fermer pour préserver les performances du fonds» explique Marc Renaud. «Cette décision a été prise pour maintenir la qualité de la gestion. Aller au-delà d’un certain actif nous exposait à ne plus pouvoir traduire rapidement nos convictions en ordres» ajoute Laurent Gouville, le gestionnaire des fonds immobiliers d’Acofi.

Atteindre un actif trop élevé peut être pénalisant à deux titres pour un OPCVM.

  • Premier écueil : le gestionnaire est privé de réactivité. C’est ce que redoute Laurent Gouville. S’il veut avoir un portefeuille concentré sur un nombre relativement restreint de valeurs, il devra acheter (et vendre) des lignes importantes. Ce qui risque de lui prendre un certain temps si le marché manque de liquidités.
  • Deuxième risque : pour respecter les contraintes réglementaires (pourcentage d’actions notamment), il faut différer certaines décisions de gestion. C’est ce que craignait Didier Le Menestrel sur Agressor. «Un des éléments de réussite du fonds réside dans la liberté du gérant. Cette pause dans le flux de souscriptions va me permettre d’investir sans hâte, ni contrainte réglementaire et de prendre davantage le temps de rencontrer les nouveaux managers» explique Didier Le Menestrel, le président de la Financière de l’Echiquier et gérant d’Agressor.

Faut-il s’attendre pour autant à une vague de fermetures de fonds ?

Apparemment pas. Seuls les fonds investis sur des marchés peu liquides et concentrés sur un petit nombre de lignes sont susceptibles de le faire. «Je comprends la décision pour Agressor compte tenu de son positionnement en terme de capitalisations» explique Jean-Charles Mériaux chez DNCA. «J’ai une stratégie opportuniste et la gestion n’est pas enfermée dans un secteur ou sur un marché. Je ne suis donc pas prêt à fermer un fonds» explique de son côté Gérard Augustin-Normand, le président de Richelieu Finance.

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