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Les indices boursiers européens et américain ont perdu en deux semaines tout ce qu’ils avaient gagné depuis le début de l’année (voir graphique). «Les compteurs ont été remis à zéro. Le CAC 40 ne gagne plus que 1,5% depuis le début de l’année, contre 9% il y a quelques semaines encore», rappelle Eric Turjman, directeur de la gestion actions chez SGAM. Le parcours a été similaire sur les autres places européennes et aux États-Unis, où le Dow Jones est lui aussi revenu tout près de son niveau de début d’année. Pour l’instant, ce sont donc cinq mois de perdus pour les boursiers. Ce recul a, comme à l’habitude, affecté en priorité les grandes capitalisations. A Paris, l’indice second marché affiche par exemple encore un gain supérieur à 13% depuis le début de l’année. «C’est un chiffre toutefois peu significatif. Traditionnellement, lors d’une baisse, les investisseurs prennent d’abord des bénéfices sur les valeurs les plus liquides», estime Eric Turjman.

Aujourd’hui, le marché se cherche.

Et, pour la plupart des professionnels, cette zone de turbulences devrait se prolonger quelques semaines encore… jusqu’à une décision de la Fed sur ses taux directeurs. «Le marché va être encore chahuté quelques semaines, mais nous restons relativement optimistes. Après cette phase de consolidation, l’indice devrait repartir à la hausse d’ici à la fin de l’année», estime de son côté Jean-Joseph Memeteau, directeur de la gestion actions de Sogeposte. Certains prévoient un CAC 40 à plus de 4 000 points en fin d’année (c’est le cas, par exemple, de Thierry Deheuvels, le directeur des investissements d’AGF asset management, ou de Jean-Joseph Memeteau, d’autres comme Antoine Brunet, chef stratégiste chez HSBC-CCF, attendent des indices étales cette année.

Pour les particuliers, ces dissonances sont troublantes.

Tout autant que le moment où intervient ce recul des actions. Car la baisse des indices boursiers coïncide avec la confirmation de la reprise économique. Le PIB marchand a augmenté de 6,6% aux États-Unis au cours des trois derniers trimestres, les créations d’emplois tant attendues sont enfin au rendez-vous outre-Atlantique. «La reprise internationale est très significative. Nous tirons les dividendes d’une politique très stimulante aux États-Unis, au Japon et dans une moindre mesure en Europe», constate Antoine Brunet. A ses yeux, la reprise américaine est «forte et peut s’auto-entretenir». Au Japon et dans une moindre mesure en Europe, les voyants sont aussi passés au vert. Parallèlement, les résultats des entreprises sont bons. Les résultats du premier trimestre ont dépassé les prévisions des analystes.

Pourtant, les actions n’ont pas reculé par hasard.

Les inquiétudes sont multiples. «Les inquiets citent pêle-mêle la crainte d’une remontée des taux, le ralentissement de l’économie chinoise, le terrorisme, la hausse du pétrole… mais certaines de ces craintes sont antinomiques. Si la Chine ralentit, les prix des matières premières et l’inflation devraient eux aussi le faire», note Eric Turjman, qui souligne a contrario la vigueur de la croissance, le bas niveau des taux et les bons résultats des entreprises. «Les OPA peuvent être le catalyseur de la remontée du marché. Si les investisseurs ne veulent pas voir que les valeurs sont bon marché, les industriels le feront», prédit Eric Turjman.

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A moyen terme, un consensus se dégage.

les actions devraient être plus performantes que les obligations. Les épargnants investis en actions peuvent donc conserver leurs positions, là-dessus gestionnaires optimistes ou pessimistes s’accordent. Pour ceux qui ont des liquidités à placer, en revanche, les conseils divergent. «Ceux qui n’aiment pas les émotions fortes attendront la fin de l’année pour entrer sur les marchés actions», conseille Antoine Brunet. «Il faut acheter quand les cours sont bas, c’est le cas actuellement», répond Gérard Augustin-Normand, président de KBL Richelieu Finance. «Les cours actuels sont des cours d’achat. Si toutes les nouvelles étaient au beau fixe, les cours seraient plus hauts», ajoute Eric Turjman.

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