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Baisse de régime pour la croissance américaine.

Parce qu’elle a amputé le pouvoir d’achat du consommateur au printemps, la hausse du prix du pétrole est en partie à l’origine du ralentissement de la croissance américaine au deuxième trimestre.

Entre avril et juillet, le PIB a progressé de 3% en rythme annuel, un chiffre inférieur à ce qu’attendaient les conjoncturistes (3,7%).


Mais la croissance du premier trimestre a été révisée sensiblement à la hausse, de 3,9% à 4,5%, ce qui a permis aux marchés de réagir avec sérénité à cette rupture, partiellement anticipée, du rythme de la conjoncture aux États-Unis.


Alors que l’investissement industriel est resté très dynamique, affichant un taux de croissance annualisée de 8,9% (deux fois plus élevé qu’au premier trimestre), c’est au chevet du consommateur que se portent toutes les attentions.


Ses dépenses qui représentent près de 70% du PIB américain, n’ont progressé que de 1% en rythme annuel, contre 4,1% entre janvier et mars. Il faut remonter au premier trimestre 1995 pour trouver une hausse plus faible. Les Américains ont acheté moins de biens durables (- 2,5% après + 2,2%), une baisse très concentrée sur l’achat de voitures (- 8,5%). Ils ont aussi réduit leurs achats de biens non durables (- 0,1% après + 6,7%), tandis que leurs achats de services ont ralenti (+ 2,3%). «L’amélioration du marché de l’emploi n’a pas suffi à compenser la perte de pouvoir d’achat causée par la hausse des prix du pétrole, et la fin des plans de relance fiscaux» estime-t-on chez CDC Ixix CM.


Pour autant, et en dépit de la nouvelle poussée de fièvre du prix de l’or noir – il s’approchait hier de la barre de 44 dollars sur le marché de New York –, les analystes détectaient hier plusieurs indicateurs encourageants.


Concernant le secteur industriel d’abord, l’indice d’activité dans le secteur manufacturier de la région de Chicago a bondi à 64,7 points en juillet contre 56,4 points en juin. Un rebond qui confirme la thèse du président de la Fed Alan Greenspan, pour qui le ralentissement conjoncturel n’est que passager.


Du côté du consommateur essoufflé au deuxième trimestre, la progression du revenu disponible réel enregistrée au cours de cette période (+ 2,9% en rythme annualisé) indique qu’il n’a pas perdu toute marge de manœuvre. Le ralentissement de sa consommation a d’ailleurs permis une hausse du taux d’épargne à 1,7%, après 1,2% en début d’année. Évidemment, si les Américains ont continué à investir massivement dans l’immobilier (+ 15,4% contre + 5% au premier trimestre), le début d’un cycle de hausse des taux d’intérêt le 30 juin risque de calmer rapidement leurs ardeurs.

Néanmoins, les spécialistes de CDC Ixis CM s’attendent à ce que la consommation renoue avec un rythme de croissance plus proche de 3% au cours des prochains mois.

Alors que dans sa dernière révision annuelle, le Bureau of Economic Analysis a encore minimisé l’ampleur de la récession américaine, le consommateur pourrait une nouvelle fois surprendre par sa résistance

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